L'église vue de la rue d'Andarrios
L'église vue de la route principale
Le clocher de l’église derrière "Le Christ"
Porte principale de l'église
L’Abbé Sarda, dernier curé de Caussou, lors de l’inauguration de la chapelle de Trimouns
(photo Joseph Rougé/René Pons)
Justin PONT, le dernier sonneur de cloche de l'église de Caussou
Le Chœur de l’église au début du XX è siècle. La statue de St Jean-Baptiste n’était pas encore là.
Porche et entrée de l'église sur la place Saint Jean-Baptiste
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L’église

Dédiée à Saint Jean-Baptiste, l’église de Caussou est également celle de Bestiac. Elle mérite que l’on s’y attarde quelques instants. Dû à l’initiative de l’Abbé Mourié, l’édifice actuel fut construit en 1830 sur l’emplacement d’une église plus ancienne, plus modeste, dont il a conservé le beau clocher roman datant de 1691 et remanié en 1746.
Avant 1691, une église encore plus ancienne était, semble-t-il, située plus bas, près du ruisseau et du cimetière. Elle aurait été emportée par une crue du ruisseau. Des objets religieux ont été retrouvés à cet endroit où la légende dit que rien ne pousse. Deux dates sont d’ailleurs gravées sur la plus grosse des cloches de l’église : 1624 et 1637, année qui fut marquée par la visite de l’évêque à Caussou. Une pierre de l’église de 1691, portant cette date, a été replacée au dessus de la porte cintrée de l’ancien presbytère. Il se peut que la même crue ait aussi emporté le moulin situé en dessous du cimetière et dont on peut encore voir quelques vestiges dans un pré.
Un document retrouvé dans l’église actuelle nous apprend que, les travaux ayant pu être terminés à temps, la messe de Noël fut dite, le 24 décembre 1830 dans la nouvelle église par le curé Dominique Durand. Cette nouvelle église fut bâtie tout autour des murs de l’ancien édifice qui servirent de support aux échafaudages. On retrouve dans la construction actuelle des matériaux de l’ancienne église, du tuf principalement.
Une pierre portant la date de 1746, et provenant donc de l’ancien bâtiment,  fut également replacée au bas d’un pilier de la façade nord.
De même, deux visages d’anges en pierre  sculptée, aujourd’hui sertis dans le ciment des piliers de l’entrée, furent aussi récupérés dans l’ancien édifice. Certains ont cru y voir, à tort sans doute, les traits d’un seigneur de Lordat. A leur sujet, le Père Duclos écrivait dans son
livre Histoire des Ariégeois  : « On peut croire qu’elles appartenaient à un ancien temple ». Le mystère de ces anges demeure donc entier…
Le porche de l’entrée était autrefois pavé de petits galets gris avec, en galets blancs, l’inscription « Pavete ad santrurium meum ». Depuis, ce pavage a, hélas, été recouvert de ciment. De même, l’intérieur de l’église était entièrement peint de motifs divers : coupe de pierre sur les murs, fleurs et arabesques sur les arcs. Dans un souci d‘économie et suite aux ravages de l’humidité, ces peintures furent recouvertes d’une peinture unie et les murs revêtus de panneaux de bois aggloméré. Seules demeurent les peintures du chœur au dessus desquelles trône la statue de Saint Jean-Baptiste, offerte au début du XX è siècle par Jean-Baptiste Durand, venu de Tignac pour s’installer à Caussou.
Le clocher abritait autrefois quatre cloches. Deux d’entre elles furent enlevées et fondues pendant la Révolution. Sur la plus grosse des deux  survivantes,  on  peut  lire   l’inscription suivante : « + J.H.S M.A. Sancte Joannes baptista ora pro nobis - 1624 F.P. M.R.E », et sur l’autre : « + J.H.S. M.A. X.PS vincit X PS regnat X PS imperat PS X ab omni malo - Sancte Joannes Baptista ora pro nobis tempestate nos defendat- 1637 ».
Chacune des deux cloches actuelles possède deux battants, en souvenir de leurs sœurs emportées par la tourmente révolutionnaire. L’une fut payée par les habitants de Caussou et l’autre par ceux de Bestiac. Il y a une vingtaine d’années, une girouette représentant Saint Jean-Baptiste et son mouton ornait encore la flèche du clocher. Elle disparut lors de la réfection du toit.
Nos cloches furent parmi les dernières à être sonnées à la main. Leur ultime sonneur fut Justin Pont, qui s’acquitta de sa tâche jusqu’à l’électrification du clocher en 1996. Il disparut un an plus tard. Et comme on n’arrête pas le progrès, les cloches sont même, depuis 2005, reliées à un satellite qui garantit leur sonnerie à l’heure exacte !
On ignore à quand remonte la construction de la toute première église de Caussou. Une notice sur « l’église  et la paroisse d’Unac », écrite en 1897 par Albert Gardes, curé de Luzenac, nous apprend que la Confrérie du Rosaire existait à Caussou en 1617 et que son directeur était un certain Florence, recteur d’Unac. On peut aussi y lire que le vendredi 25 mai 1696 après-midi, l’évêque se rendit en
visite à Caussou. On sait que par une charte de 1074, le comte Roger II de Foix, dit Roger le Pieux, qui alla  guerroyer en Palestine  pendant la  première  croisade et   construisit   ensuite l’église  d’Unac,  fit donation, avec son épouse Sicarde, du château de Lordat et du Lordadais
à l’Abbaye de Cluny. Le village de Caussou, tout comme celui de Bestiac,  est cité dans cette charte mais aucune allusion n’est faite à l’église, ce qui tendrait à prouver qu’il n’en existait pas encore. En effet, lorsqu’un village et son église étaient donnés, cela était expressément écrit dans la charte (par exemple : « villam Garanum cum ecclesia sua »).
Pour Caussou, seule figure la mention « villam de Cauzun ». Or la charte précise par ailleurs que sont données toutes les églises du Lordadais à l’exception de celles de Vèbre et Unac. Cette dernière sera toutefois donnée à Cluny en 1076.
Nous savons aussi que Béatris de Planissoles se rendait à la messe à Unac, ce qui semblerait confirmer l’absence d’église à Caussou.
Pourtant, dans son livre « Monographies villageoises en Sabarthès », Florence Guillot avance l’hypothèse selon laquelle l’église de Caussou aurait été antérieure à celle d’ Unac  et  aurait  pu  être  l’ancienne  église paroissiale  de  cette  vallée,  avant   même  la construction   de  celle d’ Unac.  Ensuite,  dès la fin  du  XI  è  siècle  et  jusqu’ à   la   fin  du Moyen-Age, Caussou  aurait  appartenu  à  laparoisse  d’Unac.
De  même,  les  inscriptions relevées sur les cloches de l’église portent des chiffres qui correspondent vraisemblablement aux années au cours desquelles elles furent installées : 1624 pour l’une et 1637 pour l’autre. Or, ces inscriptions font bien référence à Saint Jean-Baptiste, le Saint patron de la paroisse de Caussou et Bestiac. Alors, y avait-il donc bien une église à Caussou en 1624 et peut-être même avant ? Il se peut que nous ne le sachions jamais… Les Clunisiens ne conservèrent ces donations que quelques années. Le 22 avril 1095, au moment de partir pour la croisade, le comte Roger II de Foix s’engagea à ne vendre ni aliéner à personne, excepté à la vicomtesse Emengarde de Béziers et à son fils Bernard-Aton, aucun des domaines qu’il possédait dans le comté et notamment dans le Lordadais. Il semble donc que Roger II avait bien repris son fief du Lordadais.
En 1212, c’est Pierre, roi d’Aragon, qui se voit offrir par Raimond-Roger, comte de Foix, les possessions du Lordadais et cela parce que ce roi d’Aragon s’était porté caution des comtes de Foix lors du concile de Lavaur.
En 1566 et 1567, les guerres de religion atteignent Caussou comme tous les villages voisins. Les Huguenots, qui détruisent les églises,sont pourchassés et mis à mort. Ces troubles vont se poursuivre pendant la fin du XVI è et le XVII è siècles. Cette période dut être pénible pour les habitants de nos villages qui eurent à faire face non seulement à ces règlements de comptes religieux mais également aux incursions des Espagnols et aux exactions des brigands du col de Marmare. Ces routiers se recrutaient dans les villages environnants. La punition, pour ceux qui se faisaient prendre, était généralement la galère ou la mort.
Patrimoine de Caussou Bestiac

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