"Se canto" (ou Se chanta, Se canta, Aqueros mountagnos) est une chanson populaire en occitan originaire des Pyrénées Cette chanson d'amour est reprise d'un bout à l'autre de l'Occitanie, avec des variations dialectales et même des variations dans les paroles. On peut l'interpréter soit dans son sens littéral et traditionnel (l'espoir que les amants se retrouvent), soit dans un sens plus récent, un chant de ralliement occitan.
Dessin d'une vue panoramique de Caussou en 1868
Le nom de Caussou
Le nom de Caussou est très vieux et l’on peut en retrouver la trace dans un certain nombre d’écrits anciens, parfois même orthographié Causso, Causson ou Caussone. Une charte de 1074 cite déjà les noms des villages de Cauzun et Savenac, donnés par le comte de Foix à l’abbaye de Cluny .
On le retrouve  mentionné à l’occasion d’un épisode tristement célèbre de notre histoire pyrénéenne : la persécution des Cathares de Montségur. Ainsi, selon Zoé Oldenbourg, le 13 mai 1243, au début du siège, deux sergents d’armes, le diacre cathare Clamens et trois « parfaits » seraient descendus du château et auraient traversé les lignes ennemies pour aller à Caussou afin d’établir un contact avec des amis sûrs à qui ils auraient pu, le cas échéant, confier la garde du fameux trésor (Zoé Oldenbourg : « Le bûcher de Montségur”, NRF, 1959). Pour d’autres auteurs, c’est le trésor lui-même que ces cathares auraient emporté jusqu’à Caussou pour le cacher chez des amis ou dans une grotte.
Une cinquantaine d’années plus tard, le nom du village sera également cité à maintes reprises dans le registre d’inquisition de l’évêque de Pamiers, Fournier, qui deviendra pape sous le nom de Benoit XII. Même lorsque l’hérésie commencera à perdre du terrain dans le Lordadais, elle se maintiendra bien à Caussou et à Unac. D’après l’historienne Anne Cazenave, un certain Amelius Recort accueillait à Caussou des cathares venant de Montségur où lui-même se rendait souvent.
Le nom de Caussou trouve peut-être son origine dans le mot latin calx-calcis, qui signifie la chaux. Un lieu-dit situé en face du village porte d’ailleurs le nom de Cos dont le lien avec la racine latine semble encore plus évident. Il est certain que le versant de la montagne qui fait face au village, au sud, est formé de calcaire, lequel servait jadis à la fabrication de la chaux vive, appelée en patois causino. De nombreux emplacements de fours à chaux ont d’ailleurs été identifiés dans le village. Paul Viteau, dans sa « Toponymie de l’Ariège », donne au nom du village une signification différente. Selon lui, Caussou correspondrait au bas latin Caussum, issu du mot latin Cautum : le lieu défendu. Pour Florence Guillot, auteur de , Monographies villageoises en Sabarthès, (Ed. Lacour), Caussou viendrait du pré-indo européen Kal, signifiant la pierre, suivi du suffixe ulum.
Adrien Garrigou, l’étymologie du nom de Caussou renfermerait un radical ibérien signifiant pays, ce qui laisserait supposer qu’une communauté vivait en ce lieu avant même l’invasion romaine.Enfin, le mot « caussou » désigne aussi tout simplement, dans certains patois de langue d’Oc, un chausson.
Chacun pourra donc choisir, dans cet éventail d’origines possibles du nom de Caussou, celle qui lui plaira le plus !
Il faut toutefois savoir que l’on retrouve ce nom dans d’autres lieux de l’Ariège : un château et une plaine le portent dans la vallée de la Barguillère, une grande ferme près de Foix, un chemin à Montgaillard ou encore un lotissement à Foix. On le rencontre aussi en Aveyron où il désigne un lieudit, près d’Asprières, et un site rocheux.
Quoi qu’il en soit, l’existence d’un dolmen aux environs de Cos et les débris de poteries antérieures à notre ère découverts dans la grotte de Magaruilh, proche du village, confirment l’ancienneté d’une présence humaine à Caussou ou dans ses environs immédiats.
Mais Caussou est également un nom de famille : Un Bernard de Caussou est cité comme hérétique dans les documents de la collection Doat de la Bibliothèque nationale, de même qu’un Raimond de Caussou, parfait de Montségur, et un chevalier Arnaud de Caussou qui, en 1247, possédait une maison à Lordat. Ces documents font aussi référence à l’hommage fait au comte de Foix, en 1401, par Pierre, Ramon et François de Causso pour les biens qu’ils possèdent dans le lieu de Causso.
En 1319, un Guillaume Caussou était meunier à Ax-les-Thermes.
Quelques années plus tôt, un Pierre Caussou était également notaire à Ax-les-Thermes. Dans son livre « Rôle des feux du comté de Foix en 1390 », édité en 1901, Dufau de Maluquer a décrit la population et l’administration des villages. Hélas, cet inventaire est incomplet et l’on n’y trouve ni Caussou ni Bestiac ! Il fait toutefois allusion à un acte du 24 mai 1446 qui mentionne l’existence de Savenac et on peut y observer qu’une quinzaine de familles portaient à cette époque le nom de Caussou, à Ax-les-Thermes, Montaillou, Rabat, Saint-Paul-de-Jarrat et Saint-Félix. On y trouve également des noms encore portés à Caussou de nos jours, comme Pont ou Cougul, par exemple.
Au XVII è siècle, un Abbé Caussou était curé de Belcaire.
En fait, on retrouve trace, à des époques différentes, de la famille de Caussou qui fut peut-être liée à celle des Planissoles, seigneurs de Caussou, souvent désignée sous le nom de Planissoles de Caussou. Ainsi, le Félibre Arthur de Caussou, habitant de Laroque d’Olmes, avocat, conseiller général, écrivain et poète, connut une certaine notoriété au XIX è siècle. Il fut notamment l’auteur du premier roman en occitan sur Montségur (1), qui lui valut la médaille de vermeil du concours de littérature romane de 1890, et c’est lui qui découvrit dans les ruines du château de Montségur la célèbre colombe en pierre. Un article paru dans la revue Lavelanet-Pays d’Olmes de juillet 1970 rend compte d’un duel qui opposa Arthur de Caussou à Henri Portet, maire de Lavelanet. Ce récit permet de se faire une idée de l’esprit chevaleresque de l’honorable Arthur :
« Le 7 septembre 1882 à Lavelanet se sont réunis MM. Le Dr Jolieu et le capitaine Boudouresque ,  témoins   de  M.  Arthur  de Caussou,  conseiller  général, et  Messieurs  le
commandant Gabarrou et Alquié, publiciste, témoins de M. Henri Portet, maire de Lavelanet.
M. Caussou s’étant trouvé blessé dans son honneur par certaines phrases d’un opuscule publié par M. Portet chargea MM. Jolieu et Boudouresque, le 1er septembre, de se rendre auprès de ce dernier et de lui demander des explications au sujet de ces phrases. Pendant cette entrevue, M. Portet déclara qu’il n’avait pas eu l’intention de porter atteinte à l’honorabilité et à la probité de M. de  Caussou et se montra disposé à l’attester par une rectification écrite qui devait être donnée le dimanche suivant.
Mais le lendemain, M. Portet s’étant ému de bruits qui s’étaient répandus dans le public à l’occasion de cette entrevue, chargea MM. Gabarrou et Boudouresque pour apprécier le mérite de la demande de M. de Caussou, ayant cru quant à lui que c’était simplement d’un vœu exprimé par ce dernier qu’il s’agissait.
Dans leur réunion du 3 septembre, les témoins désignés ayant reconnu qu’une rencontre était nécessaire entre leurs mandants, il fut décidé d’abord qu’elle eût lieu le lendemain matin. En raison de circonstances indépendantes de la volonté de tous, cette rencontre fut ajournée et fixée au mercredi 6 septembre. Elle eut lieu, en effet, ce jour-là, à quatre heures de l’après-midi. L’arme choisie était le pistolet. La distance entre les adversaires était de 25 pas. Le tir devait se faire simultanément et au commandement. Le combat devait cesser au premier feu. Les places furent tirées au sort.

Au signal convenu, les adversaires firent feu l’un sur l’autre. L’arme de M. Portet partit seule. Son adversaire ne fut pas atteint. Les témoins se dirigeaient vers M. de Caussou lorsque celui-ci déchargea son arme en l’air. Pendant ce temps, M. Portet avait attendu le feu de son adversaire à son poste de combat.
Au dépit de cet incident et en présence de l’attitude si correcte des deux adversaires, les témoins déclarèrent que l’affaire était terminée. Alors M. Portet s’avançant vers M. de Caussou et lui tendant la main, qu’il accepta, dit aussitôt : Monsieur, je regrette vivement tout ce qui s’est passé et je vous tiens pour un homme de cœur et d’honneur » !

Arthur de Caussou était membre d’une famille très connue à Lavelanet où elle possédait de nombreux immeubles. Elle était également propriétaire d’une filature à Dreuilhe.
Caussou est un nom de famille encore porté de nos jours. Ainsi, il y a quelques années, j’eus le plaisir de recevoir une très aimable lettre du général Dominique Caussou à propos de la première édition des monographies de nos villages. Plus récemment, pendant l’été 2005, ce furent Mr Patrick Caussou et sa famille, habitants de Luc en Lozère, qui, de passage dans les Pyrénées, ne résistèrent pas à l’envie de rendre une petite visite ce village qui porte leur nom.

(Extrait du livre de Maurice Calmein, Caussou, Bestiac et le massif du St Barthélémy, Ed. Lacour, 2006.)
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Photos de classe de l'ancienne école de Caussou